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Note sur Hannibal, saison 1.

Si j'ai toujours été un admirateur du docteur Hannibal Lecter, je n'ai jamais été, en revanche, un très grand fan des films, ni vraiment un ardant défenseur de la littérarité des romans de Thomas Harris. Je vais jusqu'à penser que la plus belle vision d'Hannibal n’est pas celle de Harris, certainement pas celle de Ridley Scott, mais bel et bien celle de Hans Zimmer — le génial compositeur de la BO du film Hannibal. Mais, répétons-le, j'ai toujours été un grand admirateur du docteur Lecter. Alors, que vaut la toute nouvelle série Hannibal ? Disons-le tout net : Mads Mikkelsen, le nouvel Hannibal, a détrôné Anthony Hopkins dans mon cœur (!) Mads Mikkelsen apparaît moins fougueux, moins fou même que son prédécesseur, mais dispose de plus de prestance, de plus de froideur, de plus de crédibilité. Partant de là, comment être déçu ? Cette saison 1 a-t-elle des défauts ? Trop d'effet gore peut-être, pour une série au final tout autant horrifique (l'esthétisme des cadavres évoque Clive Barker) que psychologique ; un personnage secondaire de profiler un brin antipathique, quoiqu'au capital sympathie en progression au fil des épisodes. Pas vraiment d'autres défauts en vue, si ce n'est le déroulement un peu hâtif des enquêtes annexes — détail insignifiant pour qui admire le personnage de Lecter, sa construction, sa retenue, ses goûts musicaux, osons ajouter sa cuisine et son chaleureux bureau de psychanalyste. Nous attendons la saison 2. [Tous les articles cinéma et séries]

Note sur Sherlock, saison 1 & 2, BBC.

De prime abord rebuté par l'argument (Sherlock Holmes transposé dans notre siècle), j'ai été plus qu'agréablement surpris de constater que cette adaptation du détective de Sir Arthur Conan Doyle est l'une, paradoxalement, des plus fidèles. Cela tient à la justesse des deux personnages principaux, Holmes et Watson, et, surtout, à la justesse de leur relation. Les scénarios utilisent habilement les capacités intellectuelles de Sherlock et le Canon holmésien. La réalisation est rythmé. Deux légers bémols : c'est parfois tiré par les cheveux et le personnage de Moriarty est trop éloigné du Professeur Moriarty original. Mention spécial au premier épisode de la saison 2, dans lequel apparaît Irène Adler. À voir et à revoir. Conclusion : Guy Ritchie peut aller relire le Canon. [Tous les articles cinéma et séries]

Note sur Les Contes de la Crypte, saison 7.

L’intérêt des Contes de la Crypte a toujours tenu au prologue et à l'épilogue de chaque épisode, lorsque le Gardien de la Crypte présente le programme. Le moment de son apparition, son rôle de présentateur font qu'à l'échelle de la série c'est un personnage fictionnel, tandis qu'à l'échelle de chaque épisode c'est un personnage réel, chargé de transmettre une fiction au téléspectateur. C'est un émule goulesque du narrateur criminologue de The Rocky Horror Picture Show, ou plus pertinemment d'Alfred Hitchcock dans Alfred Hitchcock Presents. Ajoutée au charisme de la goule, la musique du générique — composée par Danny Elfman — termine de rendre chaque début d'épisode extrêmement jouissif et (pour moi en tout cas) évocateur d'un sentiment de l'enfance, fait de crainte et de curiosité. Cependant, les différentes prestations du Gardien de la Crypte dans la saison 7 ne sont qu'évasivement en rapport avec les histoires contées. Ce décalage atténue la dimension narrative de la goule et, partant, gâche un peu le plaisir susmentionné. En revanche, la qualité formelle de la plupart des épisodes me semble supérieure aux premières saisons des Contes de la Crypte.

Note sur American Horror Story, saison 1.

L'argument de la série est assez banal — on ne peut pas vraiment le dévoiler sans spoiler —, disons simplement qu'il s'agit d'une maison possédée. Esthétiquement très réussie — tant au niveau des effets que de la maison ou des acteurs —, cette série emprunte à deux genres, le fantastique et l'horreur. Les images restent sanglantes et violentes durant toute la saison 1, cependant l'aspect angoissant disparait après les trois ou quatre premiers épisodes, laissant place à une espèce de Desperate Housewives avec des fantômes et des effets gores (reste à espérer que la saison 2 ne s'enlise pas dans des scénarios improbables et qu'elle retrouvent au contraire le ton simple des premiers épisodes) American Horror Story — mélange donc de chick et d'horreur — parvient sans mal à convaincre du fait de son ambiance, son esthétisme rétro-horreur-genre-Chair-de-poule et sa narration efficace par flash-back.

Note sur The Dark Knight Rises.

Les mots d'un autre que moi — à qui nous donnons raison — sur le dernier et décevant Batman :

Si dans l'épisode précédent, la scène d'ouverture était si belle (le Joker braquant une banque et éliminant ses complices à mesure que le vol se déroule), c'était parce qu'elle ébauchait une action pure, intelligible, et portait au vertige l'hypothèse d'un Batman réaliste comme un film de braquage, filmé comme dans un polar de Michael Mann — c'était malheureusement à peu près la seule. Aucune scène similaire dans The Dark Knight rises. Sa « grande ouverture » est moyennement captivante, déjà vue mille fois, beaucoup plus ramassée, infiniment moins prometteuse, et comme ce qui suivra, donc, déjà un peu montrée de loin, en accéléré. 

Vincent Garreau