Note sur La Zone d'intérêt de Martin Amis.



La Zone d'intérêt amalgame la Shoah et le marivaudage. Amis raconte les préoccupations ordinaires de nazis “travaillant” dans un camp de concentration. Il alterne entre trois points de vue. Doll, le commandant du camp. Thomsen, un officier SS courtisant la femme de Doll. Et Smulz qui travaille “au milieu des morts, avec les cisailles, les pinces, les maillets, les seaux de rebut d'essence, les louches, les hachoirs”. Le roman retranscrit avec une terrible force l'horreur latérale du camp, pas celle vécue par les prisonniers, mais celle ressentie, consciemment ou non, par les êtres gravitant autour des fours et des cadavres. On ressent un écœurement continu et la fascination morbide nous pousse à continuer la lecture. Sur ce point, Amis a réussi son roman. Sur tous les autres ou presque, il l'a raté. Les personnage sont creux, peu intéressants (excepté peut-être Smulz). Trop souvent Amis s'égare dans des scènes loin de son sujet. La Zone d'intérêt vaut uniquement pour sa documentation et l'horreur qu'il parvient à faire éprouver. On conseillerait de ne lire que les cent, deux cents premières pages.

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