Note sur Mandelbaum ou le rêve d’Auschwitz de Gilles Sebhan.

Stéphane Mandelbaum (1961-1986) est un peintre dont la fin scandaleuse semble plus fictionnelle que réelle. Il a volé un tableau. Un faux d’après le commanditaire. Il s’est plaint de ne pas être payé. On l’a tué. On a versé de l’acide sur son visage. La dépouille reste un mois sous un pont. Mandelbaum peignait portraits de nazis, d’artistes à la vie brève, scènes pornographiques, inscriptions provocantes. Il dessinait souvent avec un bic bleu. Mandelbaum ou le rêve d’Auschwitz (Les impressions nouvelles, 2014) est une enquête littéraire. Gilles Sebhan n’y interroge pas tant les faits que les œuvres et ce qu’il reste dans les mémoires trente ans après. Son livre est écrit avec une économie minutieuse, avec sensibilité et avec toute la profondeur qu’on peut donner à un court récit de cent cinquante pages. L’art, la littérature, la sexualité et l’holocauste y sont abordés succinctement mais toujours avec intelligence. Une belle porte d’entrée littéraire dans l’univers provocateur et émouvant de Stéphane Mandelbaum. Nous voulons en découvrir davantage. [Toutes les notes littéraires] 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire