Note sur Hygiène de l’assassin d'Amélie Nothomb.

Premier roman d’Amélie Nothomb. Trouver en brocante ; 50 centimes. L'avis de Jeff VanderMeer (sans lequel je n’aurais pas eu la curiosité de me procurer l'ouvrage) : « What struck me about Hygiene and the Assassin is just simply that it takes on difficult and taboo subject matter and challenges the reader to pass moral judgment, perhaps even to toss the book across the room, and it also makes the reader uncomfortable even while you’re laughing…and then later, challenges in a much bleaker way. »

Vieillard obèse, acerbe, misanthrope et prix Nobel de littérature, Prétextat Tach est atteint du syndrome d’Elzenveiverplatz, uniquement dépisté, au dix-neuvième siècle, chez « une dizaine de bagnards incarcérés pour violences sexuelles suivies d’homicides ». Il lui reste deux mois à vivre. Cinq journalistes seulement se sont vus accorder une interview avec l’auteur : les quatre premiers ne résisteront pas longtemps aux venins de Prétextat Tach ; le dernier fera la lumière sur un sombre passé.

Court roman, l’Hygiène de l’assassin prend la forme de cinq dialogues entre un journaliste et Prétextat Tach. La narration au passé est minimaliste. Le narrateur n’intervient qu’à l’occasion ; principalement durant l’incipit (plutôt bien écrit et accrocheur), puis en général entre chaque interview des journalistes. Tout le roman repose donc sur les échanges entre les protagonistes. L’occasion pour Nothomb de faire l’étalage de considérations esthétiquo-littéraires mi-drôles mi-sérieuses. Derrière les insultes et les passes-passes rhétoriques, Hygiène de l’assassin s’avère être le témoignage d’un tueur peu sain d’esprit, dont les motifs et l’unique victime satisferont les appétences macabres et criminologiques du lecteur.

On appréciera les deux aspects distincts d’Hygiène de l’assassin : d’un côté, des débats déséquilibrés sur la littérature et la création littéraire ; de l’autre, une chronique de crime morbide et originale. [Toutes les notes littéraires]

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