Note sur Les Nouvelles Métropoles du désir d'Éric Chauvier



Trois adolescentes agressent un hipster en centre-ville. Témoin du lynchage, le narrateur intervient. Les agresseurs s'éclipsent. La victime entre dans un “bar-club très tendance”. Le Dark Rihanna. Le narrateur y pénètre également. Ce narrateur est de façon assumé l'auteur, Éric Chauvier, qui a peut-être ou non vécu cette scène dans l'espace non-fictionnel. Quoi qu'il en soit impossible pour lui de commander une simple bière au Dark Rihanna — il ne possède pas les codes du lieu. La clientèle est jeune, branchée. Éric Chauvier la décrit en détail, sociologiquement, anthropologuiquement, se référant aux stars mondiales (Rihanna, Patti Smith, Lana Del Rey…) comme à des archétypes pour classer chaque client d'après son style vestimentaire et son attitude. À partir de là, l'auteur aborde et mêle une multitude de sujets — racisme et violence, misère de l'espace périurbain, opposition campagne/centre-ville, vacuité de la mode et de la culture de masse, de Booba à Russell Crowe. Sans trop au départ en percevoir la finalité, on partage les pensées d'un quarantenaire père de famille, anthropologue intrigué/fasciné/affligé par l'ère consumériste des smartphones et la culture mondialisée. Ni roman ni essai, ce texte est une conversation. Ou plutôt je l'ai perçu comme le partage d'un sentiment de désarroi. Les Nouvelles Métropoles du désir méritera amplement des lectures ultérieures — maturation d'une conversation pénétrante avec Éric Chauvier. Encore une pépite des éditions Allia.

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