Note sur L’Aventure des joueurs en cire d’Adrian Conan Doyle.

Adrian Malcolm Conan Doyle (à gauche) (1910-1970) n’est autre que le plus jeune fils de sir Arthur Ignatius Conan Doyle (à droite) (1859-1930). Il est principalement connu pour avoir écrit douze nouvelles histoires du grand détective, dans The Exploits of Sherlock Holmes (1954). À vrai dire, douze très bonnes short stories. Toutes aussi jubilatoires que les originales. L’Aventure des joueurs en cire est la troisième nouvelle du recueil. Bien sûr, pour pasticher sir Arthur, Adrian fait appel à tous les ressorts de la fiction holmésienne. Ainsi, en seulement trente pages, il évoque Mycroft (le frère bien connu de Sherlock — lequel frère n’apparait que quatre fois sur soixante dans le canon), fait allusion à une untold storie (à savoir l’affaire de la béquille en aluminium — sir Arthur utilise ce procédé à maintes reprises, comme par exemple l’affaire du rat géant de Sumatra dans Le Vampire du Sussex), fait intervenir un code secret dans l’intrigue (comme dans Les Hommes dansants) et termine son texte par une citation en français (comme dans La Ligue des rouquins — où Holmes cite Flaubert). Tous ces éléments sont donc très typiques du canon. À la différence qu’ils sont rarement regroupés dans un seul texte chez sir Arthur, qui préfère disséminer au compte-gouttes les références à Mycroft et autres pépites holmésiennes. Tout le charme de L’Aventure des joueurs en cire vient de là, dans la surabondance des pépites. Lire trente pages du fils, c’est un peu lire cent pages du père. C’est un condensé. En témoigne l’incipit de la nouvelle, qui montre les grandes aptitudes de Sherlock Holmes à la boxe comme jamais chez sir Arthur :

“Quand mon ami M. Sherlock Holmes se foula la cheville, le sort l’accabla de son ironie : quelques heures après son accident il se trouva aux prises avec un problème dont la nature exceptionnelle semblait le commander de se rendre immédiatement dans cette chambre sinistre, souterraine, si connue du public…
Mon ami n’avait pas eu de chance. Uniquement pour la beauté du sport, il avait consenti à affronter dans un combat de boxe improvisé le professionnel bien connu Bully Boy Rasher, poids moyen, au vieux Cribb Sporting Club de Panton Street. Les spectateurs furent bien étonnés : Holmes knockouta Bully Boy avant que celui-ci fût échauffé.”
(Le Livre de Poche, 1995, p. 69.)


Et tout en exotisme holmésien, la nouvelle se termine avec humour sur un Watson chevaleresque, près à défaire un poids lourd de la boxe pour une jeune demoiselle mouillée dans une affaire de triche. Une lecture très recommandée. (Sur ce, je men retourne à mes ouvrages criminologiques.)

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